Étude scientifique : le grounding améliore-t-il la viscosité sanguine ?
Étude scientifique sur le sang et le grounding
Étude scientifique : le grounding peut-il améliorer la viscosité sanguine ?
Le grounding, également appelé earthing ou mise à la terre, consiste à placer le corps en contact électrique avec la Terre, soit directement en marchant pieds nus dehors, soit à l’aide d’un support conducteur relié à la terre.
Parmi les recherches consacrées à cette pratique, une étude publiée dans The Journal of Alternative and Complementary Medicine s’est intéressée à un sujet précis : l’effet de deux heures de grounding sur les globules rouges, leur charge électrique et leur tendance à s’agréger.
Les résultats observés sont encourageants : après la séance, les globules rouges présentaient une charge électrique négative plus importante et avaient moins tendance à former des amas. Ces changements pourraient être associés à une meilleure fluidité sanguine, même si des recherches plus larges restent nécessaires.

Quelle étude scientifique a été réalisée sur le sang et le grounding ?
L’étude intitulée Earthing (Grounding) the Human Body Reduces Blood Viscosity — a Major Factor in Cardiovascular Disease a été réalisée par Gaétan Chevalier, Stephen T. Sinatra, James L. Oschman et Richard M. Delany.
Elle a été publiée en 2013 dans le volume 19 du Journal of Alternative and Complementary Medicine. Son objectif était de déterminer si une séance de grounding pouvait modifier :
- la charge électrique présente à la surface des globules rouges ;
- le potentiel zêta des globules rouges ;
- la tendance des globules rouges à s’agréger ;
- certains paramètres associés à la viscosité sanguine.
L’étude complète est disponible ici : consulter l’étude scientifique originale .
Comment l’étude sur le grounding et la viscosité sanguine a-t-elle été menée ?
Les chercheurs ont recruté 10 adultes, six femmes et quatre hommes, âgés en moyenne d’environ 55 ans. Chaque participant a suivi une séance de grounding d’une durée de deux heures.
Des patchs conducteurs ont été placés sous les pieds et dans les paumes des participants. Ces patchs étaient reliés par un câble à une tige en acier inoxydable plantée dans le sol extérieur.
Des prélèvements de sang ont été effectués au bout du doigt avant et après la séance. Les chercheurs ont ensuite observé les globules rouges au microscope et mesuré leur déplacement dans un champ électrique.
Qu’est-ce que le potentiel zêta des globules rouges ?
Les globules rouges possèdent naturellement une charge électrique négative à leur surface. Cette charge contribue à les maintenir séparés les uns des autres.
Le potentiel zêta représente cette charge électrique de surface. Plus sa valeur absolue est élevée, plus les globules rouges ont tendance à se repousser électriquement.
À l’inverse, lorsqu’ils se repoussent moins efficacement, ils peuvent avoir davantage tendance à se rapprocher et à former des amas, un phénomène appelé agrégation des globules rouges.
Cette agrégation constitue l’un des éléments pouvant influencer le comportement du sang et sa fluidité dans les vaisseaux.

Quels résultats l’étude scientifique a-t-elle observés ?
1. Une augmentation du potentiel zêta chez les 10 participants
Après deux heures de grounding, les 10 participants ont présenté une augmentation de la valeur absolue du potentiel zêta de leurs globules rouges.
En moyenne, cette valeur est passée de −5,28 mV avant la séance à −14,3 mV pendant le grounding.
Cela correspond à une augmentation moyenne d’un facteur 2,7. Selon l’interprétation proposée par les auteurs, cette charge négative plus importante renforcerait la répulsion électrique entre les globules rouges.
2. Une diminution de l’agrégation des globules rouges
Les chercheurs ont également observé davantage de globules rouges isolés ou regroupés par deux après la séance.
Le nombre de globules rouges présents dans des amas d’au moins quatre cellules est passé, en moyenne, de 34,7 à 15 cellules pour 100 cellules observées.
Autrement dit, le nombre de globules rouges présents dans les amas les plus importants a diminué de plus de moitié au cours de cette expérience.
3. Des globules rouges qui semblaient rester davantage séparés
En augmentant leur répulsion électrique, les globules rouges semblaient avoir moins tendance à s’agglutiner.
C’est ce résultat qui a conduit les chercheurs à évoquer une possible diminution de la viscosité sanguine et une amélioration du comportement rhéologique du sang.
Le grounding améliore-t-il réellement la viscosité sanguine ?
Le titre de l’étude affirme que le grounding réduit la viscosité sanguine. Cependant, il est important de comprendre précisément ce qui a été mesuré.
Les chercheurs n’ont pas directement mesuré la viscosité du sang complet avec un viscosimètre clinique. Ils ont principalement mesuré :
- le potentiel zêta des globules rouges ;
- leur mobilité dans un champ électrique ;
- leur niveau d’agrégation au microscope.
La diminution de la viscosité sanguine a donc été déduite à partir de ces résultats. Cette interprétation repose sur le principe selon lequel des globules rouges davantage chargés négativement se repoussent mieux, forment moins d’amas et contribuent potentiellement à un sang plus fluide.
La formulation la plus rigoureuse serait donc la suivante :
Une étude pilote a observé qu’après deux heures de grounding, les globules rouges présentaient une charge négative plus importante et avaient moins tendance à s’agréger, deux changements pouvant être associés à une meilleure fluidité sanguine.

Quelles améliorations le grounding pourrait-il théoriquement favoriser ?
L’étude n’a pas directement mesuré l’oxygénation des tissus, la performance cardiaque, la récupération sportive ou le risque d’événement cardiovasculaire.
Cependant, si une diminution durable de l’agrégation des globules rouges et de la viscosité sanguine était confirmée par de futures études, plusieurs hypothèses physiologiques pourraient être envisagées.
Une circulation potentiellement plus fluide
Des globules rouges qui restent davantage séparés pourraient, en théorie, se déplacer plus facilement dans les vaisseaux sanguins, notamment dans les plus petits capillaires.
Un transport de l’oxygène et des nutriments potentiellement facilité
Les globules rouges transportent l’oxygène vers les tissus. Un sang moins visqueux et des cellules moins agrégées pourraient théoriquement faciliter leur passage dans la microcirculation.
Cette hypothèse pourrait avoir un intérêt pour l’apport d’oxygène et de nutriments aux muscles, au cerveau et aux autres tissus. Elle n’a toutefois pas été directement vérifiée dans cette étude.
Une résistance à l’écoulement potentiellement réduite
Une viscosité sanguine plus faible pourrait diminuer la résistance opposée à l’écoulement du sang dans les vaisseaux.
Cela pourrait théoriquement réduire le travail nécessaire pour faire circuler le sang, mais l’étude n’a pas mesuré directement le travail cardiaque ni la pression artérielle.
Un intérêt potentiel pour la récupération
Une circulation plus efficace pourrait, en théorie, améliorer l’acheminement des nutriments et l’élimination des déchets métaboliques après un effort.
Cette piste reste hypothétique et nécessiterait des études spécifiques auprès de sportifs ou de personnes en phase de récupération.
Une piste intéressante pour la recherche cardiovasculaire
Les auteurs rappellent qu’une viscosité sanguine élevée et une forte agrégation des globules rouges sont associées à différents facteurs cardiovasculaires.
Ils avancent donc l’hypothèse que le grounding pourrait représenter une intervention simple permettant d’agir favorablement sur certains paramètres du sang.
Il ne s’agit toutefois pas d’une preuve que le grounding prévient l’infarctus, les thromboses, l’hypertension ou les maladies cardiovasculaires.
Quelles sont les limites de cette étude sur le sang et le grounding ?
Bien que les résultats soient positifs, cette étude doit être considérée comme une étude pilote exploratoire.
- Elle ne comprenait que 10 participants.
- Les participants ont été recrutés par bouche-à-oreille.
- Il n’y avait pas de groupe témoin ni de faux grounding.
- L’étude n’était ni randomisée ni réalisée en aveugle.
- Elle portait sur une seule séance de deux heures.
- Elle concernait principalement des adultes considérés comme globalement en bonne santé.
- Elle n’a pas suivi les participants sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
- Elle n’a pas mesuré directement les événements cardiovasculaires.
- La viscosité sanguine a été évaluée indirectement.
L’étude a également été financée par Earth FX Inc. Trois des auteurs ont déclaré travailler comme prestataires indépendants pour cette entreprise et détenir une petite quantité de ses actions.
Ces éléments ne rendent pas automatiquement les résultats invalides, mais ils renforcent la nécessité de reproduire l’expérience dans des études indépendantes, randomisées et contrôlées.
Le grounding peut-il remplacer un traitement médical ?
Non. Le grounding ne doit pas remplacer un diagnostic, un traitement médical, un anticoagulant ou un suivi cardiovasculaire.
Les auteurs de l’étude signalent notamment que les personnes prenant des médicaments anticoagulants, comme la warfarine, devraient consulter leur médecin et faire surveiller leurs paramètres de coagulation avant de modifier fortement leurs habitudes de grounding.
En cas de trouble cardiovasculaire, de problème de coagulation, de traitement anticoagulant ou de symptôme inhabituel, demandez toujours l’avis d’un professionnel de santé.
Comment pratiquer le grounding au quotidien ?
La méthode la plus naturelle consiste à marcher pieds nus sur une surface conductrice comme l’herbe, la terre ou le sable humide.
Lorsqu’il n’est pas possible de sortir régulièrement, certaines personnes utilisent un produit conducteur relié uniquement à la terre de leur logement.
Le drap de grounding Groundly a été conçu pour recréer ce contact pendant le sommeil. Il contient des fibres conductrices et se relie à la borne de terre grâce à un cordon sécurisé.
Il ne se branche pas sur le courant actif et ne produit pas d’électricité.
Ce qu’il faut retenir de cette étude scientifique
Cette étude scientifique sur le sang et le grounding a observé des changements mesurables après une séance de deux heures :
- une augmentation du potentiel zêta chez les 10 participants ;
- une multiplication moyenne de cette valeur par 2,7 ;
- une diminution de l’agrégation des globules rouges ;
- une réduction de plus de moitié des cellules présentes dans les amas importants.
Ces résultats suggèrent que le grounding pourrait favoriser une meilleure séparation des globules rouges et, potentiellement, une meilleure fluidité sanguine.
Ils ouvrent des perspectives intéressantes concernant la circulation, l’oxygénation des tissus, la récupération et la santé cardiovasculaire, mais ces hypothèses doivent encore être confirmées par des études plus larges, indépendantes et contrôlées.
Questions fréquentes
Le grounding fluidifie-t-il le sang ?
Une étude pilote a observé une augmentation de la charge négative des globules rouges et une diminution de leur agrégation après deux heures de grounding. Ces changements pourraient être associés à une meilleure fluidité sanguine, mais la viscosité du sang complet n’a pas été directement mesurée.
Le grounding améliore-t-il la circulation sanguine ?
Une meilleure séparation des globules rouges pourrait théoriquement faciliter leur circulation, notamment dans les petits vaisseaux. Cet effet reste cependant à confirmer par des études mesurant directement le débit sanguin et la microcirculation.
Le grounding améliore-t-il l’oxygénation ?
L’étude n’a pas mesuré directement l’oxygénation. Les auteurs suggèrent qu’un sang moins visqueux pourrait transporter plus facilement l’oxygène et les nutriments, mais cela reste une hypothèse physiologique.
Combien de temps a duré la séance étudiée ?
Les participants ont été reliés à la Terre pendant deux heures. Les prélèvements sanguins ont été réalisés avant et après cette séance.
Combien de personnes ont participé à l’étude ?
Dix adultes ont participé à cette étude pilote.
Sources scientifiques
- Chevalier G, Sinatra ST, Oschman JL, Delany RM. Earthing (Grounding) the Human Body Reduces Blood Viscosity — a Major Factor in Cardiovascular Disease. Journal of Alternative and Complementary Medicine. 2013;19(2):102-110. DOI : 10.1089/acm.2011.0820.
Accéder à la publication originale - PubMed — PMID 22757749.
Consulter le résumé sur PubMed - PubMed Central — PMCID PMC3576907.
Lire le texte intégral de l’étude - ResearchGate.
Consulter la publication sur ResearchGate






